XI, 2015, 1



Un épitrachilion inconnu de l’époque du voïvode Ieremia Movilă | p. 265–286


Keywords
Cracovie, épitrachilion, le monastère de Suceviţa, le monastère Franciscain, le voïvode Ieremia Movilă

Abstract

On retrouve cet épitrachilion (en forme fragmentaire) dans le trésor du monastère Franciscain de Cracovie, comme partie composante d’une chasuble (excepté une pièce qu’on garde séparément). La colonne avec les scènes de l’épitrachilion est composée de 10 scènes – cadre brodées, accompagnées par des inscriptions slavonnes. Il s’agit d’une broderie lisse en or et en argent, réalisée dans les dernières années du XVIe siècle. On a intégré l’épitrachilion à l’intermédiaire d’une broderie en fils métalliques. Les dimensions de la chasuble sont les suivantes: hauteur: 107 cm, largeur: 64/38 cm, la largeur de la colonne (avec les scènes de l’épitrachilion): environ 15,5 cm, pendant que la hauteur d’une
scène-cadre varie de 16-16,5 à 19-20 cm. Les scènes extrêmement expressives de l’épitrachilion sont inspirées par l’Acathiste de la Mère de Dieu: quelques titres accompagnants: Ils ont vu les enfants des Chaldéens, Naissance étrangère, Tout l’esprit des anges, Tout chant vainc, Tempête dans les pensées. En deux scènes sont représentés la princesse Elisabeta Movilă (avec l’inscription: La Princesse Elisabeta, au monastère de Suceviţa, 7107 <1598–1599>) et le prince Ieremia Movilă (avec l’inscription: Io Ieremia Movilă, voïvode, nous avons donné <au monastère – n. n.> cet épitrachilion). On a essayé, par de recherches comparatives, de reconstituer le programme iconographique tout entier de l’épitrachilion. Sous cette forme, la chasuble arriva au monastère cracovien en 1946, lorsqu’on évacua les moines du monastère Franciscain de Lvov à Cracovie, avec leurs biens mobiles. En ce qui concerne la provenance de l’épitrachilion, on suppose qu’il aurait pu faire partie du trésor mené en Pologne par le métropolite Dosoftei, en 1686, à la fin de la campagne du roi Jan Sobieski.