X, 2014, 2


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La traduction slave du Récit du siège de Constantinople, lue en samedi de l’Acathiste de la Vierge | p. 19–48


Keywords
Constantinople, Hymne Acathiste, idéologie politique byzantine, Nouvel Israël., Nouvelle Jérusalem, vénération de la Vierge

Abstract

Le texte qui fait l’objet de cet article appartient au groupe des narratives qui présentent l’idéologie politique byzantine en forme d’une lecture liturgique. Destiné à être lu pendant la période du Carême ensemble avec l’homélie ou même au lieu de cette dernière, ainsi qu’aux réfectoires monastiques, il est étroitement lié à la tradition de l’Hymne Acathiste et à la vénération de la Vierge en tant que protectrice de la Ville impériale et de l’Empire même. C’est la vénération de la Mère de Dieu Protectrice-de-la-Ville qui lie l’idée de la ville avec l’Univers et l’histoire avec l’œuvre salvatrice du Seigneur. Dans cette vision, Constantinople est considérée comme une réplique topographique et idéologique de Jérusalem et de la Terre Sainte, les Romains sont un Nouveau Peuple élu tandis que la bataille de l’empereur contre ses rivaux politiques est une bataille de Dieu pour le Salut de l’Humanité. Cette constatation pourrait être conçue, d’un côté, comme la base des actions militaires contre les païens (en 626) ou contre les musulmans (au Bas Moyen Âge et à l’Haute époque moderne); d’un autre, en tant que témoignage de la création d’une identité, basée sur l’idée de Nouveau Peuple élu, donc Nouvel Israël. Dans ce contexte il est à répondre si le texte concret et surtout sa réception pourraient être interprétés en tant que témoignage en cette direction. Au Bas Moyen Âge, on constate en Moldavie plusieurs témoignages de cette idéologie: on y retrouve les uniques représentations visuelles du siège de Constantinople sur les murs extérieurs de certaines églises; d’autre part, il y a une concentration des copies de ce texte justement aux XVe–XVIIe siècles. C’est un trait caractéristique de la tradition manuscrite, mais pas du tout exclusive, car le texte est traduit en Bulgarie ou dans un milieu bulgare au Mont Athos au XIVe siècle et a sa diffusion aussi en Serbie et en autres pays slaves orthodoxes.