X, 2014, 2



Une contribution à l’histoire de l’église du château de Suceava | p. 391–400


Keywords
château de Suceava, cloche, église de l’Ascension, Étienne le Grand, Étienne Tomşa

Abstract

Cette note fait suite à une autre (Un monument misterios al Sucevei medievale, publié dans «Studii şi Materiale de Istorie Medie», XXXI, 2013,
p. 357–364), concernant une église de Suceava, placée sous le vocable de l’Ascension, à laquelle le prince Étienne Tomşa Ier aurait offert une cloche en septembre 1563. Aux dires d’un document de 1813, mis en valeur et accepté par les spécialistes de l’histoire de Suceava, cette église aurait été construite en bois tout près de la cathédrale métropolitaine, qui en hérita de la cloche après la destruction de celle-là. Mais l’existence d’une telle église (en bois) dans la ville médiévale de Suceava n’est pas du tout connue des documents. Selon l’auteur, il s’agirait de l’église au même vocable, attestée maintes fois comme chapelle de la forteresse (le château) de Suceava.

Par hasard, l’auteur eut la chance de retrouver l’inscription de la cloche, dont les auteurs du document de 1813 se sont servis pour soutenir l’existence de l’église dans la ville. L’analyse de l’inscription conduit à la conclusion que la cloche fut vraiment offerte à l’église de l’Ascension du château, comme il avait supposé auparavant, mais pas par Étienne Tomşa en 1563. La copie de cette inscription mentionne un prince Étienne avec ses fils Alexandre et Bogdan-Vlad. Il s’agit, donc, sans l’ombre d’un doute, d’Étienne le Grand avec ses deux fils, qui se trouvèrent en effet à ses côtés entre juin 1479 (la naissance de Bogdan-Vlad) et juillet 1496 (la mort d’Alexandre). L’interprétation des autres éléments chronologiques conduit à la possibilité de dater l’inscription en septembre 1484.

La cloche survécut jusqu’en 1860, quand, très détériorée, elle dut être refondue. Sous cette nouvelle forme, elle existe encore de nos jours, à l’Archevêché de Suceava. L’inscription de 1860 rappelle son origine aux „temps d’Étienne le Grand, prince de Moldavie, qui l’avait fondue à ses frais”.